Contrôleur RATP / SNCF : un sous-métier rémunéré jusqu’à 2 800 € net par mois

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Focus sur le métier de contrôleur RATP, un métier vraiment remarquable ! Vous me connaissez, moi et la RATP, ça fait mille. Des années que cette espèce d’organisation digne de la bureaucratie mécaniste de Mintzberg rackette l’argent, le temps et l’humeur des honnêtes travailleurs (la classe moyenne, c’est-à-dire ceux qui triment pour les pauvres, et qui travaillent pour les riches).

Note : à lire également, le salaire des conducteurs RATP qui font grève tout le temps.

Je vais vous expliquer pourquoi les contrôleurs RATP prennent un malin plaisir à vous racketter. « C’est un mal nécessaire », diront certains, arguant que le contrôle garantit le bon fonctionnement. A moins que ce ne soit une mission « d’utilité publique », comme j’ai pu l’entendre parfois. Ou bien encore, parce qu’ils « ne peuvent rien faire d’autre, comme ils n’ont aucune qualification ». Si sur la partie « qualification », je suis plutôt d’accord, je vous arrête tout de suite en ce qui concerne le fait qu’ils n’ont pas d’autres choix.

Car en réalité, pour faire un métier aussi centré sur la méchanceté, l’antipathie et la petitesse d’esprit, il faut également être… cupide. Et oui, peu de gens le savent, mais si les contrôleurs RATP prennent un malin plaisir à vous verbaliser pour une erreur de billet, un pied mal placé ou – à l’époque – un oubli de photo ou de numéro renseigné sur votre carte, c’est par pur appât du gain.

Un métier rémunéré 2 000 euros net par mois hors-prime après 3 ans d’ancienneté.

EQUIPE DE CONTROLEURS SUR LA LIGNE DE TRAMWAY T2Si le site de la RATP annonce une rémunération de 1 650 euros brut hors-prime en début de carrière, des témoignages font état de 2 000 euros net hors-prime, avec des primes pouvant gonfler la rémunération jusqu’à 2 800 euros net. Il faut dire que ces cow-boys, qui ne se déplacent évidemment qu’en meute, font un travail difficile !

Aux 35 heures, il faut leur reconnaître des horaires de nuit difficiles, un métier basé sur la répression pas évident, et une image calamiteuse (même si justifiée). Néanmoins, avec un tel salaire, et si l’on a les « prédispositions » pour faire ce job, pourquoi s’en priver ? Mais au fait, quelles « prédispositions » faut-il avoir pour prétendre à un poste aussi intéressant que celui de contrôleur RATP ?

« Social, disponible, courtois, et droit »

C’est en tous cas ce qu’annoncent les fiches de poste trouvées sur le net. Après avoir lu ça, j’ai failli tomber de ma chaise. Et pour cause, laissez-moi vous conter une petite anecdote qui m’a inspiré ce billet à charge…

Alors que j’étais attendu pour un rendez-vous pro urgent à 8h30 à La Défense, j’ai eu le malheur de prendre un billet pour « Paris » (et non pas « Paris – La Défense », croyant naïvement que La Défense était comprise dans la zone de Paris). Après avoir fait la queue pendant 10 minutes, et raté un train (pour ceux qui ne connaissent pas, il y a à peine 2 bornes dans les gares RER pour prendre ces billets, ce qui ne suffit évidemment pas. Celles-ci sont prise d’assaut, pendant que les employés à l’accueil se tournent les pouces, puisqu’ils ne sont plus habilités – pour des raisons jusqu’ici totalement mystiques – à vendre des billets), j’ai acheté un billet qui ne me permettait donc pas d’atteindre La Défense.

Arrivé à destination, je rentre mon billet dans la machine et m’aperçois qu’il ne passe pas. Je regarde autour de moi et aperçois les contrôleurs, disséminés un peu partout, et je constate qu’une personne, puis une deuxième personne, passe les portillons en fraudant (en se frottant à quelqu’un pour passer). Je vois l’un d’eux se faire repérer par deux contrôleurs, qui ne bougent pas. J’hésite, puis dans mon élan d’honnêteté (je ne fraude jamais rien, je n’ai pas le feeling pour ce genre de choses), je préfère rebrousser chemin et aller demander de l’aide à un contrôleur.

Vous l’aurez deviné, cet imbécile m’explique que « tout le monde fait cette erreur », et qu’il « va verbaliser », alors que je lui demande de l’aide, et que je lui explique que je peux retourner en arrière pour racheter le bon billet. J’ai beau expliquer que je ne viens jamais ici, que je n’ai pas d’intérêt à frauder puisque c’est l’employeur qui me paie mon ticket, et que c’était une erreur et que j’en suis désolé, ce « vrai petit nazi, obligé d’ rabaisser les autres pour essayer d’aimer sa vie », comme dirait mon ami Orelsan, me parle comme à un moins que rien en me sommant de décliner mon identité, que j’ai fini par lui donner après qu’il ait commencé les démarches pour appeler la police.

Vous avez bien lu. Pendant que des sauvageons attaquent des gens dans le RER D et écopent de simples « rappels à la loi » (parce que les fiottes qui nous servent de juges ont peur que des émeutes éclatent en France), ce petit laideron voulait mobiliser des policiers pour une ridicule erreur de ticket. J’ai fini par lui communiquer mes infos (sur la base de tickets restos, donc j’aurais pu lui donner les infos de n’importe qui en fait !), avant de me rendre en retard à mon rendez-vous, avec des conclusions très négatives en tête.

Peut-être qu’il eut mieux fallu frauder ? Peut-être aurais-je dû lui mettre une droite pour qu’il apprenne à être bien élevé ? Autant de questions restées sans réponses…

Vous l’aurez compris, les qualités de courtoisie et de sociabilité laissent place à celles de « qui va-t-on pigeonner aujourd’hui ? Les délinquants ? Non ils sont insolvables et violents. Allons voir les honnêtes gens plutôt ».

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Un métier qui réprime ceux qui ne paient pas pour un service qui ne fonctionne pourtant pas !

Si encore les RER fonctionnaient, je comprendrais que les bureaucrates de la RATP investissent dans le contrôle et l’anti-fraude. En réalité, c’est tout un système basé sur l’incompétence des employés RATP et la soumission de la classe moyenne (qui doit remplir sa gamelle coûte que coûte) qui détruit psychologiquement des dizaines de milliers de franciliens.

Je vous passe donc les retards de train qui stressent les employés, les fausses excuses de la RATP qui se justifie par des « malaises voyageurs », lesquels sont en fait causés par des trains bondés et des employés transportés comme du bétail, souvent coincés sous un tunnel pendant 15 minutes entre deux gares, sans aucune explication.

Je vous passe également les « incidents containers », un truc qu’on entend des centaines de fois mais que personne n’a réussi jusqu’ici à expliquer (on s’en fout d’ailleurs, on veut juste que ça roule). Je vous passe aussi les « trains retardés », l’odeur, le bruit, la saleté, la vétusté, les grèves à répétitions etc… bref, tout un service qui ne fonctionne pas bien, et qui a le toupet de nous verbaliser ! Et même de nous faire payer ?!

Au-delà de ce métier ridicule, tout un système à repenser

chirac-fraudeurDisons qu’au-delà des prédispositions qu’il faut avoir pour faire ce métier (sadisme, méchanceté, lâcheté et envie d’être un petit chef), et au-delà du « pouvoir de caissière » et de l’uniforme qu’on donne à ces idiots pour qu’ils appliquent bêtement la procédure, c’est tout un système presque tayloriste qui est à repenser.

A l’heure du collaboratif, d’Internet, des nouvelles technologies, de l’ajustement mutuel, des organisations novatrices, il existe encore des gens qui acceptent – à un salaire préférentiel certes – d’appliquer des ordres odieux de manière systématique. Pour reprendre le propos d’un commentateur sur le net :

« Les contrôleurs ne s’interrogent pas sur le bien fondé de leur agissement et on les entraîne d’ailleurs à bien répondre en conséquence aux éventuelles questions dérangeantes. Ils jouent à un jeu et ils n’ont pas la prétention d’en critiquer les règles dans leur humble posture. Aujourd’hui il chassent en gang comme des racailles et avec la même autosatisfaction, donc ils se contrôlent et se surveillent entre eux, n’ont plus la possibilité de faire preuve de compassion (ce qui à déjà quelque chose de dérangeant). ».

A l’heure où la RATP /SNCF / STIF est pointée du doigt pour les retards et le stress qu’ils provoquent aux usagers, les contrôleurs RATP n’ont aucun scrupule a créer eux-même des embouteillages humains lors de leur contrôle à la sortie des trains.

Je vous laisse lire cet article qui explique le lien entre stress/déprime et transports, et notamment le RER A qui est pointé du doigt avec ses quelques 20 000 retards par an !!!

Il n’est pas rare pour des caissières en retard de trouver la porte d’entrée du personnel verrouillée. Des entreprises exigent un justificatif en cas de retard, que RATP ou SNCF ne délivrent presque jamais. Selon M. Delgènes, DG de Technologia,  » ces salariés, qui supportent par jour plusieurs heures dans trains ou bus, arrivent fatigués à leur travail, et voient leur carrière bloquée, c’est la triple peine « .

Quand on connait la poubelle dans laquelle les usagers franciliens sont transportés, on se demande comment la RATP peut avoir le pompon de payer ces scélérats de contrôleurs à ce prix…

Bref, si l’un d’eux passe par là, qu’il sache qu’il a toute ma considération et mon respect pour le courage qu’il a de tapiner dans les gares (personnellement, je ne pourrai jamais être un pareil salaud, même si on m’offrait un pont d’or, j’ai ce qu’on peut appeler une sorte d’intégrité, ou appelez ça comme vous voulez, qui fait que je ne pourrai jamais exercer un tel job).

Par ailleurs, ce n’est pas le prix de l’amende que j’ai payée qui m’ennuie, je m’en fiche éperdument, c’est plus la satisfaction perverse que les contrôleurs ont exprimé quand ils se sont acharnés sur moi, pendant qu’ils laissaient d’autres personnes moins bankables frauder sans problème. Ils cristallisent exactement le système actuel en France, qui pénalise sans cesse les gens honnêtes, qui bossent, qui emmerdent personne, et qui essaient de s’en sortir, et qui laissent les nantis se payer des fiscalistes, des avocats et des juges véreux, et qui font bénéficier les pauvres d’aides pour acheter leur silence et éviter les émeutes. Un système qui arrive à bout de souffle, et qui fait fuir les entrepreneurs et créateurs d’emplois.

Un gros poisson dans une petite mare
Le roi des fourmis, le prince des sous-fifres
Un gros poisson dans une petite mare
J’te parle de bluff, d’excès d’orgueil, d’abus de pouvoir

Orelsan

Enfin, sur l’échelle des ordures, j’aurais tendance à respecter davantage les décisionnaires que les petites mains, ils ont au moins le cynisme pour eux, et sans leurs petits exécutants soumis qui appliquent bêtement les ordres en se cachant derrière le fait qu’ils ne font qu’appliquer les ordres de leur hiérarchie, on aurait évité bien des erreurs dans l’histoire, que ce soit en management et même partout ailleurs.

Bref, ce n’est pas l’uniforme que je dénonce, contrairement à d’autres qui partagent quelque part mon coup de gueule, mais bien les hommes et les femmes qui acceptent de baisser leur froc pour faire ce genre de taf… S’il n’existait personne pour exécuter ces ordres infâmes, il n’y aurait point de directives cyniques. Mais il y aura toujours des prostiputes pour accepter un job immoral et infect contre une rémunération confortable. En gros, la RATP surpaie un sous-métier dégueulasse, et il y a des gens peu scrupuleux – des gros poissons dans une petite mare – qui acceptent cette mission, et avec fierté en plus !

Derrière l’anti-fraude, une arnaque intellectuelle

Si l’objectif de la RATP est que tout le monde paie, pourquoi ne pas placer ces contrôleurs à l’entrée des tourniquets ? Et pourquoi ne pas investir dans des porte rotatives inviolables ?

Pour une raison simple : la RATP préfère verbaliser que prévenir, afin de créer encore plus de chiffre. Autrement dit, la fraude est une aubaine pour la RATP. Et les petits frustrés de contrôleurs qui participent à cette escroquerie ne se rendent même pas compte qu’ils sont les pantins utiles du système RATP.

Pour approfondir le sujet

Si vous souhaitez en savoir plus sur ce métier pitoyable, voici quelques liens très intéressants :

Pourquoi les contrôleurs sont-ils tous des fils de pute ?
Megan, contrôleur RATP, tente de nous apitoyer sur son sort
Contrôles RATP : le guide du fraudeur
Les vrais pouvoirs des contrôleurs RATP
SNCF : des bonus pour pousser les contrôleurs à dresser des PV

MK Straits

Publié par MK Straits

Familiarisé avec les potins du web, le buzz, les bruits de couloirs et autres rumeurs de bistrot. Traite aussi l'actualité lifestyle, love et conso.

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