Facebook : bourse, rentabilité et prix de l’action

Gros buzz financier autour de la chute de l’action Facebook, suite à son introduction boursière !

C’est vendredi que Facebook, le premier réseau social du monde, est entré en bourse, à 38 dollars l’action. Après un démarrage poussif – alors qu’un grand nombre d’analystes prédisait une hausse de 10% à 15% – l’action a fait une chute de 11% au deuxième jour. Le cours de l’action Facebook a d’ailleurs dû être sauvé par la banque Morgan Stanley, qui a acheté des actions afin d’empêcher le plongeon sous les 38 dollars.

Mardi à la clôture, le cours du champion des réseaux communautaires a plongé de 8,90% à 31,00 dollars, après avoir touché un plancher à 30,94 dollars en séance. Au total, l’action « FB » a perdu 18,42% de sa valeur depuis son introduction en Bourse vendredi.

Depuis, les regards se tournent vers les banques qui ont organisé l’opération, principalement Morgan Stanley, dont on dit qu’elle serait responsable du prix d’introduction trop élevé. En effet, à 38 euros le cours, Facebook vaut 100 fois son bénéfice contre 14 pour Apple par exemple.

« Elles se sont complètement plantées », lâche Michael Pachter, analyste chez Wedbush Securities. « Elles ont mis trop de titres sur le marché et le marché n’était pas prêt à les absorber, c’est tout », dit-il. « Elles auraient probablement dû mettre sur le marché pour 5 à 10 milliards de dollars d’actions, et elles en ont mis 18 », en incluant l’option de surallocation de titres, a-t-il ajouté.

Autre bug dans la matrice, le fait que Morgan Stanley ait joué cavalier seul en maintenant dans le flou la quasi-totalité des banques introductrices : pas d’infos communiquées sur le changement de la fourchette de prix ni la taille exacte de mise sur le marché. Par ailleurs, au moins trois analystes travaillant pour trois des banques chargées de distribuer vendredi les 421 millions d’actions de Facebook ont révisé à la baisse, très discrètement, leurs prévisions de croissance pour la société dans les heures qui ont précédé l’appel au marché. Tout cela n’a pas été sans provoquer un petit crepage de chignons. Enfin, on rapporte qu’il y a eu certains bugs des ordis du Nasdaq, qui ont empêché l’offre et la demande de se rencontrer : des millions d’ordres ont été mal exécutés.

Au final, Facebook a quand même pu lever 16 milliards de dollars, soit 25 % de plus que ce qui était initialement prévu, mais le bad buzz n’a pas manqué d’échauder les esprits.

A leur introduction, Groupon ou LinkedIn avaient vu leurs cours s’envoler les premiers jours avant de se stabiliser bien en-dessous de leurs cours initial. Pour Facebook, il n’y a pas eu cet état de grâce. Il faut dire qu’en plus des conditions obscures de l’introduction en bourse de Facebook, d’autres facteurs sont venus refroidir les divers investisseurs, à commencer par le business model du site.

En effet, le réseau social aux 900 millions d’inscrits peine à trouver un moyen de monétiser son activité, sachant que la publicité ne rapporte pas assez sur le net (pour le moment, car ni le marché ni la technologie ne sont formalisés et il n’y a pas encore de prime aux canaux crédibles clairement mise en valeur).

Ajoutez à cela le rachat d’Instagram jugé irrationnel par certains dans une période où l’on parle beaucoup de bulle (ce qui est irrationnel, c’est plutôt le succès du nombrilisme fémino-numérique qui consiste à se prendre en photo dans toutes les situations possibles et avec des tons sépia, N&B, etc… mais passons), la personnalité imprévisible et le côté ado antipathique du créateur de Facebook qui se met en mode Domenech le lendemain de l’introduction en bourse de sa boîte en annoncant sur son propre site qu’il se marie, et saupoudrez le tout par une réticence des marchés aux projets dont l’actif repose en grande partie sur un goodwill et qui ne rapportent pas de cash à court terme, alors vous aurez le micmac que nous connaissons actuellement, qui n’est soit dit en passant pas forcément un échec pour tous (certains parlent d’un coup de p**** de la part des fondateurs et actionnaires qui ont vendu à un prix surévalué à la dernière minute d’introduction).

Que va-t-il se passer pour l’action Facebook ? Certains se veulent rassurants, quand on sait que l’action d’Amazon avait complètement chuté lors de son introduction en bourse, avant de quadrupler son cours un an après pour atteindre aujourd’hui 218 dollars pièce. Ceci dit, Amazon a un business model clair et qui génère du cash, Facebook non, et c’est d’ailleurs ce qui fait peur aux investisseurs qui n’attendent plus que d’être rassurés.

Pourtant, d’aucuns savent qu’un milliard de membres triés par pays, ville, CSP, sexe, vie privée, amis, etc… ça a une valeur inestimable, et quand les choses se seront un peu plus formalisées sur le plan de la technologie et des moeurs, ca sera peut-être potentiellement plus intéressant niveau ROI d’annoncer sur des sites de grande envergure comme Facebook que via une pub sur TF1 un soir de The Voice ou Secret Story (message à ceux qui pensent que Facebook ne vaut rien par dogmatisme). A bon entendeur les loulous ^^

MK Straits

Publié par MK Straits

Familiarisé avec les potins du web, le buzz, les bruits de couloirs et autres rumeurs de bistrot. Traite aussi l'actualité lifestyle, love et conso.

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12 Comments

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  1. Je te félicite pour cet article, ça change de tes "people the voice secret story kéké pâté" habituels ! bien rédigé, ce qui faut de technique en restant compréhensible ! nicely done

  2. Bon article en effet, en revanche, pour moi il faut être fou pour investir dans Facebook. Pourquoi :
    1 – Totalement Surévalué (100 fois les bénéfices, ça ressemble à une grosse bulle quand meme). Quand l'action sera à 2$, j'y réfléchirai.
    2 – Business model sans avenir à mon sens (Ce qui est agréable sur Facebook, c'est la quasi absence de publicités, les internautes ne voudront pas que ça change. il faut trouver d'autres moyens de faire des ronds sans géner la liberté des internautes.
    3 – Ces problématiques de vie privée, et de confidentialité des données qui sont récurent peuvent mener facebook à des difficultés (ex 15 milliards de $ d'indemnisation demandés par des internautes pour les traques au bouton "j'aime")
    4 – La lassitude qui viens avec l'âge, et l'arrivée de probables nouveaux concurrents dans les prochaines années.

    Personnellement je pense que dans 10 ans, Facebook c'est mort, si MZ ne trouve pas une solution pour faire de la "big money" avec son site, on va vers une dévaluation totale du capital de l'entreprise et une probable disparition ou rachat par Google…^^

  3. Les imbéciles qui ont acheté du Fessebook l'ont eu dans le cul…
    C'est clairement une bulle pour un site qui a 0 valeur ajoutée.
    Facebook ne va pas générer le moindre profit digne d'une vraie entreprise avant plusieurs années voir jamais (je dirais jamais personnellement mais bon)
    Les salariés ayant des actions facebook par contre ont bien eu raison de vendre à l'introduction.
    Si j'avais été chez Facebook c'est ce que j'aurais fait et ensuite : retraite 🙂

  4. Je fais un petit ajout.
    Si Facebook dégage 30 milliards de bénéfice et en redistribue un tier soit 10 milliards, au cours actuel cela ferait un rendement de 1.7%
    Le bénéfice envisagé pour 2012 est de 900 millions…

    Faites le calcul du cours que Facebook devrait avoir pour une rentabilité normale de 3% environ (goodwill inclu) ?

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