DOSSIER – Qui sont les MGTOW ?

Focus sur une communauté d’hommes très controversée

 

A l’heure de la libération de la parole des femmes sur le harcèlement de rue, les promotions canapé et autres souffrances spécifiquement subies par ces dernières, il se peut que vous soyez totalement passé à côté d’une école de pensée qui fait de plus en plus d’adeptes sur la toile. Le mouvement MGTOW, initiales de Men Going Their Own Way, traduisez « les hommes suivant leur propre route ».

Après avoir accouché des célèbres coach en séduction dans les années 90, les grandes métropoles impitoyables du continent américain semblent être le berceau de cette pensée qui serait plus l’expression d’une souffrance enfouie et taboue des hommes chahutés dans des univers ultra-compétitifs que d’une simple mode, ce qui en fait un phénomène incontournable du monde moderne, peut être aussi important que les différentes vagues du féminisme moderne.

Mystery et Neil Strauss, 2 coachs en séduction légendaires des années 2000.

Qu’est-ce qu’un homme qui se revendique MGTOW? Peut-on en croiser un dans la rue sans le savoir? Quel est son idéal de vie? Les hommes auraient-ils eux aussi leur part de souffrance? Peut-elle être entendue?

Les souffrances spécifiques aux femmes ont fait couler beaucoup d’encre dans les société occidentales ces dernières années. Elles sont quantifiées, mesurées, font l’objet de documentaires, de films à succès et même d’un ministère du droit des femmes créé en 1974.

Rappelons ici que de manière qualitative :

Les femmes sont majoritairement les victimes de viols et violences conjugales, agressions sexuelles, physique ou verbales dans l’espace public, discriminations à l’embauche dans certains secteurs, inégalité salariales, charge de la maternité… De manière générale, les femmes souffrent toutes de se voir considérées en objet sexuels par la société et donc par les hommes.

La question principale que nous devons nous poser, pour comprendre le mouvement MGTOW, est la suivante : si les femmes souffrent de se sentir réduites à leur condition de femme en tant qu’objet sexuel, dans quelle mesure l’homme est-il lui aussi réduit à un objet pour nos sociétés modernes?

Si la question ne se pose même pas, si vous ne vous l’êtes jamais posé, c’est aussi le fruit d’un conditionnement et d’injonctions et d’insinuations culturelles telles que celles toutes aussi puissantes imposées aux femmes : « un garçon ça ne se plaint pas, ça ne pleure pas, ça travaille dur pour protéger sa famille…etc ».

Pour le Mouvement MGTOW, les hommes ont également leur lot de souffrances et leur existence est semée d’embûches qu’ils sont invités à affronter sans broncher:

Les hommes sont majoritaires dans les travaux dangereux ou à haute pénibilité, ils sont 15 fois plus touchés que les femmes dans les accidents mortels au travail, ils se suicident beaucoup plus que les femmes, ils sont en majorité chez les SDF et les chômeurs de longue durée, ils ont environ 8 ans d’espérence de vie en moins que les femmes et cotisent pourtant autant que les femmes pour leur retraite. Ils ont un accès à la sexualité de plus en plus conditionnel (être riche ou beau) et pour couronner le tout, se voient qualifiés de « mâle blanc privilégié oppresseur » par les mouvements féministes modernes. Pour peu qu’ils aient le toupet de desserrer les jambes de quelques degrés dans les transports en commun et l’accusation de « manspreading » leur tombe dessus.

Un criminel ultra-dangereux en plein délit de manspreading.

D’un point de vue général, le mouvement MGTOW tend à vouloir démontrer que l’homme est aussi un objet, mais pas un objet sexuel, un objet sacrificiel ou réussite. Il ne vous viendrait pas à l’esprit de remettre en question le nombre incalculable d’hommes tués pendant la grande boucherie de 1914 simplement parce que « homme », et pourtant, méditer quelques secondes devant les sacrifiés de Verdun peut finir par donner le vertige, où est le privilège à être un homme? Quelles femmes ont-ils oppressé par leur sacrifice? Il semble qu’à une certaine époque, il y avait plus ingrat comme tâche que préparer un petit plat dans la cuisine…

L’homme se tue au travail souvent par amour, il est prêt à mourir par amour et son sacrifice est extrêmement valorisé dans la culture populaire. A l’instar de Leonardo Di caprio qui coule comme une crotte dans l’eau glacée pour sauver Rose, l’élue de son cœur, les exemples d’hommes se sacrifiant pour une femme par amour ne se comptent plus… Les exemples inverses existent probablement de manière marginale, nous cherchons encore.

 

Vu à travers le prisme MGTOW, l’engagement de l’homme dans le mariage et plus généralement dans le couple n’est pas une partie de plaisir et malgré les avantages qu’il procure (ne pas être seul, fonder une famille, transmettre ses valeurs…) il doit être murement réfléchi car présente de nombreux risques pour celui qui s’y engage et rien n’est garanti à 100%:

  • risque de se voire demander le divorce.
  • risque de brider ses projets personnels plus risqués et chronophages.
  • honte sociale de se voir imposer une séparation non voulue
  • risque d’élever des enfants qui ne sont pas les siens (parfois sans le savoir).
  • risque de devoir payer une pension alimentaire.
  • risque de ne pas pouvoir élever ses propres enfants et d’en être éloigné par décision de justice.
  • risque de devoir céder une partie de ses biens.

Quand on voit qu’un mariage sur 2 finit par un divorce, et que les divorces sont majoritairement demandés par des femmes (70%), il y a de quoi tourner 7 fois sa bague dans sa poche avant de mettre le genou à terre.

Les MGTOW préconisent alors aux hommes de se réaliser pleinement dans tous les domaines personnels d’épanouissement et de se lancer dans l’aventure risquée du couple de manière rationnelle et réfléchie. c’est ce qu’on peut finalement appeler la maturité.

Pour conclure, les MGTOW ne détestent pas les femmes, ne sont pas asexuels, ni puceaux, bien au contraire, ce sont souvent des hommes qui les adorent… et qui en connaissent comme tout le monde leurs innombrables qualités mais aussi comme personne leurs défauts et les risques à s’engager émotionnellement avec elles. Ils savent l’ambiance ultra-concurrentielle qui règne autour des belles jeunes femmes et refusent de plus en plus de jouer le jeu de cette compétition pour s’adonner à des activités plus nobles (développement personnel, art, culture, lecture, musique ou autre).

 

Les « Men going their own way » donneront ainsi l’impression faussée de se détourner complètement des femmes et de dériver vers un nihilisme comparable à celui de la sous culture « Incel » (involontary celibate), qui a récemment inspiré un frustré sexuel à massacrer plusieurs personnes à Toronto dans un accès de haine et de folie pure. Et pourtant, les hommes MGTOW semblent considérer les femmes justement pour ce qu’elles sont vraiment et n’ont plus d’attentes particulièrement élevées les concernant. La démarche MGTOW semble donc d’avantage comparable à une retraite spirituelle des dérives libérales de l’univer de l’amour et de la séduction que d’une haine stérile des femmes.

Les MGTOW, machos réactionnaires frustrés ou sages des temps modernes? A vous de juger…

Pour aller plus loin voici les chaînes de youtubeurs épousant l’idéologie MGTOW

https://www.youtube.com/channel/UCs-brcHDxKqrOGU9cEWuCMQ

https://www.youtube.com/channel/UCSgClHHgppUPYO7PBtVyD7g

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  1. Les femmes ne se sont jamais libérées par le travail, le droite de vote, le chéquier, la pilule ou l’avortement. Elles n’ont fait que quitter leurs rôles sacrés de donneuse de vie pour rentrer dans le club des aliénés ou l’homme a sa place depuis des lustres.
    Vous étiez des mères vous êtes devenus des salariées, des électrices, des consommatrices, des putains et des anti-mere contre votre propre essence vitale.
    Tout ça avec le fantasme d’etre libre et indépendante des hommes, qui eux malgré l’aliénation, essayent malgré tout de penser encore au rôle protecteur de la vie qu’ils fussent jadis.
    Le « malgré tout » ici correspond à deux guerres mondiales ou le capital a détruit l’homme de sa substance créatrice et protectrice.
    On peut se raconter d’autres histoires mais celle ci est la vérité la plus crues: nous ne construisons plus nos maisons pour abriter nos femmes et nos enfants des menaces extérieurs ; nous vivons tous hors du foyer et il faut payer pour s’abriter.
    D’un point de vue théologique, Adam et Ève n’ont jamais été chasser du paradis, Dieu lui en est partit.

    A bonne entendeur.

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